Gestion locative5 min de lectureMis à jour le 01/09/2026

Charges récupérables auprès du locataire : la liste complète

Toutes les dépenses liées à un bien loué ne peuvent pas être facturées au locataire. La loi fixe une liste précise de charges dites « récupérables » (décret n°87-713 du 26 août 1987) — tout ce qui n'y figure pas reste à la charge du bailleur, même si ça semble logique de le répercuter. Voici la liste concrète, poste par poste.

Le principe : une liste fermée, pas un critère de bon sens

Le décret énumère les charges récupérables de façon limitative. Une dépense n'est pas récupérable parce qu'elle « profite » au locataire ou semble raisonnable à partager — elle l'est uniquement si elle figure dans la liste réglementaire. En cas de litige, c'est ce texte qui tranche, pas ce qui vous semble équitable.

Ce qui est récupérable

  • Eau froide, eau chaude et chauffage collectif — consommation et entretien courant des équipements communs
  • Ascenseur et monte-charge — électricité, entretien, petites réparations (pas le remplacement d'une pièce majeure ou la mise aux normes)
  • Parties communes — électricité des couloirs et escaliers, entretien du gardiennage, produits d'entretien
  • Espaces extérieurs — entretien des espaces verts, des voies de circulation, tonte, taille
  • Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) — intégralement récupérable, c'est la charge la plus souvent oubliée dans une régularisation
  • Salaire du gardien ou de l'employé d'immeuble — à hauteur de 75 % ou 40 % selon l'étendue de ses missions (déneigement, sortie des poubelles incluse ou non)

Ce qui n'est jamais récupérable

C'est la source la plus fréquente d'erreur — et de contestation lors d'une régularisation.

  • Les grosses réparations — toiture, ravalement, remplacement d'une chaudière, mise aux normes électriques : ça reste entièrement à la charge du bailleur, même si le locataire en bénéficie ensuite
  • Les frais de gestion locative — honoraires d'agence ou de syndic liés à la gestion de l'immeuble, pas à son entretien courant
  • L'assurance propriétaire non occupant (PNO) — c'est votre assurance à vous, elle ne se répercute pas
  • La taxe foncière — sauf accord spécifique et rare en bail commercial, elle n'est pas récupérable en location d'habitation

Provisions ou charges au réel : la liste ne change pas

Que vous facturiez des provisions mensuelles régularisées chaque année, ou des charges forfaitaires (uniquement possible en meublé ou en colocation avec baux individuels), la liste de ce qui est récupérable reste identique. Le forfait ne vous autorise pas à inclure des postes qui ne seraient pas récupérables en provisions.

Le cas des travaux d'amélioration

Un point souvent mal compris : même quand des travaux d'économie d'énergie profitent directement au locataire (isolation, changement de fenêtres), ils restent à la charge du bailleur — sauf clause spécifique et encadrée du bail relative au partage du coût de travaux d'économie d'énergie, qui reste l'exception, pas la règle.

Éviter l'erreur à la régularisation annuelle

Une fois que vous savez quels postes inclure, encore faut-il ne pas se tromper dans le calcul du solde. Sur GereTonBien, le module de régularisation des charges compare automatiquement les provisions encaissées aux charges réelles saisies pour chaque bail et calcule le solde à facturer ou à rembourser — à vous d'y reporter les seuls postes récupérables vus ci-dessus. Essayer gratuitement.

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